« BIM à la Porsche » : la traque aux profiteurs du statut des plus pauvres est lancée

Le patrimoine des bénéficiaires de l'intervention majorée n'est pas suffisamment contrôlé. Le gouvernement promet de resserrer les boulons face aux abus.
C'est un paradoxe qui alimente la chronique depuis plusieurs semaines : des personnes disposant d'un patrimoine confortable — parfois de véhicules de luxe — bénéficient du statut BIM, l'intervention majorée réservée en principe aux ménages les plus modestes. Ce statut ouvre droit à des remboursements de soins renforcés, à des tarifs sociaux pour l'énergie et les transports, et à toute une série d'avantages en cascade.
Le problème est connu des administrations : l'octroi du statut repose essentiellement sur les revenus imposables déclarés, sans contrôle systématique du patrimoine. Un indépendant fortuné en société, ou un propriétaire de plusieurs biens dont les revenus officiels sont faibles, peut ainsi passer entre les mailles du filet — au grand dam des professionnels de santé confrontés à ces situations sur le terrain.
Le gouvernement fédéral a promis de resserrer les contrôles. Parmi les pistes évoquées : le croisement automatique des données fiscales et patrimoniales, la prise en compte du capital mobilier et immobilier dans l'examen des droits, et des sanctions renforcées en cas de déclaration manifestement incomplète.
Les associations de lutte contre la pauvreté appellent toutefois à la prudence : elles redoutent que le durcissement des contrôles ne décourage les ayants droit légitimes, alors que le non-recours aux droits sociaux reste massif en Belgique. Selon elles, la priorité doit rester l'automatisation de l'octroi pour ceux qui y ont réellement droit, la chasse aux abus ne devant pas servir de prétexte à un détricotage général.
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Article rédigé par la rédaction du Beffroi. D'après la presse belge (Le Vif).